Association des Officiers de Réserve du département de l'Ain
19 Juin 2016
C'est une approche originale de la guerre de 14-18 que nous proposait Dominique Saint-Pierre,
auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, à travers cette fois la vie de Belley dans le premier
mois du conflit.En voici le texte intégral.
Le Belley de 1914 est totalement différent du Belley actuel, mais aussi du Belley du XVIIIe et de la première partie du XIXe siècle. (photo historique du 133). C’est en effet le 1er janvier 1875 que le colonel Boulanger, futur général, se présente à Belley pour y implanter le 133e régiment de ligne recréé depuis deux ans et qui avait existé sous l’Empire . Belley devient ville de garnison, pour 75 ans environ. Ce régiment garnit également le fort de Pierre-Châtel, Fort-les-Bancs, Fort-l’Ecluse, ici avec un très vieux matériel, et le fort des Rousses.
en 1914, la ville est le dépôt de 3 régiments :
Le service était de deux ans, trois ans depuis 1913, et le recrutement des troupes était effectué localement, en l’espèce dans le Bugey, avec des garçons de 21 à 23 ans. Les offivciers pouvaient être de l’Ain, mais très souvent de Franche-Comté. Ce mode géographique de recrutement disparaitra plus tard, car avec ce système, quand un régiment souffrait, c’était toute le jeunesse d’un territoire qui disparaissait.
L’impact de cette garnison sur la ville de Belley était considérable. D’abord pour le contribuable et les revenus des habitants, car la ville avait participé à la construction en 1874 de la caserne Sibuet (photo), du nom du général de brigade Prosper Sibuet, né à Belley et tué en 1813. Il n’y a de la place que pour deux bataillons. Le reste des troupes se trouvaient dans les forts de Pierre-Châtel, Fort-les-Bancs, des Rousses et de l’Ecluse, et même depuis 1910, ici-même dans le palais épiscopal (photo), dans ce bâtiment. Puis on construit en 1913 (photo de la construction), toujours avec l’aide du contribuable belleysan (photo de la caserne et de son cénotaphe à Nemours).la caserne Dallemagne (du nom du général de division Claude Dallemagne, le héros de Lodi, décédé aussi en 1813.
La contrepartie de ce financement était évidemment économique, notamment pour les commerçants. C’était une très bonne affaire pour tous, y compris pour les photographes. Il y avait 47 cafés officiels à Belley en 1914 (photo), mais on dit qu’en réalité, il y en avait une bonne centaine, envahis par la troupe de 17 h à 21 heures.
Les familles des officiers, même si ceux-ci effectuaient leurs services dans les forts, restaient intégrées à la société belleysanne. Outre le colonel, résidaient à Belley une soixantaine d’officiers et leurs familles.
Belley recevait le passage des bugistes qui faisaient un service militaire de quatre ans depuis 1872 pour ceux qui avaient tiré un mauvais numéro, service réduit à 3 ans en 1889, puis à 2 ans en 1905, enfin de 3 ans en 1913.. La cité était véritablement la capitale du Bugey. Fait renforcé par la présence de l’évêque du diocèse et de ses chanoines. En outre, l’enseignement secondaire n’existait qu’à Belley, en dehors du collège de Nantua.
L’iconographie montre bien cette importance.
Les prises d’armes, les concerts et les défilés de toute sorte (photo d’un défilé sur la future place de la Victoire en 1903 avec le cl Trymüller) (photos 2 départ du colonel Ganeval promu général 2 commandant du 133 de 1906 à 1911, les allées et venues vers les forts de l’Ain et du Jura, (photos 2) : ainsi à Morez, à Orgelet, (photo 1) : ou tout simplement à Virignin. Les manœuvres et les déplacements vers les terrains de manœuvres, en forêt de Rothonnes notamment où l’armée possédait 9 hectares. (photo 3) : ici sous le château de Beauregard, près du pont du Furans. (Photo 1) : Ils obstruaient un peu les routes, ici au bout du promenoir devant la maison d’architecte construite par Anthelme Chaboux. Ce bataillon revient de manœuvres au Valdahon le 20 juin 1914. Photo 1 : des exercices comportaient même la création de ponts etc.
Photo café des Terreaux : Des détails montrent aussi cette emprise de l’armée. Sur cette carte postale du café des Terreaux, vous voyez un panneau sur ce balcon avec la mention cercle des officiers. Il y a d’ailleurs un officier sur le balcon.
L’annonce de la Guerre
La population n’a certainement pas compris les conséquences funestes de l’attentat de Sarajévo. En témoigne la presse de l’Ain de juillet 1914. Alexandre Bérard, ancien ministre, dans un article du 5 juillet dans le Courrier de l’Ain, voit avec raison dans l’attentat de Sarajévo les conséquences de la politique réactionnaire de la monarchie autrichienne, qui veut dominer et opprimer les peuples balkaniques. Mais il n’est pas question de guerre pour la France elle-même. Les journaux se polarisent sur d’autres événements : Photos 2: la fermeture des écoles des congrégations prévues par la loi de 1904 qui avait donné un délai de 10 ans pour les fermetures. Autre sujet d’intérêt : le centenaire de l’affrontement du défilé des Balmettes et l’inauguration du monument le 12 juillet. Photo : Le vote des femmes, qui n’interviendra que 30 ans plus tard, intéresse les lecteurs, avec en prime une chasse au lion à Bourg qui s’est échappé pendant un spectacle. Photo : L’étonnant procès de Mme Caillaux, qui a tué le directeur du Figaro, passionnent aussi les lecteurs du Courrier de l’Ain. Les vacances sont aussi à l’ordre du jour.
(Photo) : Cependant, le Courrier de l’Ain reproduit en première page un article de Jaurès donné dans la Dépêche de Toulouse. Titré « L’Europe énervée », l’article, prophétique, termine par ces mots : « Des méthodes nouvelles (en politique étrangère) s’imposent à l’Europe si elle ne veut pas sombrer un jour prochain dans l’universelle barbarie ». Le journal qualifie cet article de « pessimiste ».
Photo : Quand l’ultimatum de l’Autriche à la Serbie vient à expiration : le Courrier de l’Ain écrit le 24 juillet : « On croit généralement que la Serbie ne se montrera pas intransigeante et qu’une solution pacifique pourra intervenir entre les chancelleries ».
Photo : Ce n’est que le 28 juillet, à trois jours de la guerre, que le chroniqueur du Courrier de l’Ain se montre enfin plus clairvoyant : sous le titre L’orage, il écrit : « La situation internationale est toujours aussi mauvaise, aussi dangereuse pour la paix du monde… Aurons-nous une guerre austro-serbe ? Et cette guerre déchainera-t-elle la conflagration générale que l’on redoute ? ».
Photo : Le 29 juillet, le sous-titre L’orage est remplacé par le sous-titre La tempête. On pourrait rajouter « la tempête que l’on a pas vu venir ».
Photo : Le 31 juillet, le journaliste est devenu parfaitement lucide en titrant « Du sang froid » et en écrivant : « La France ne courra pas aux folles aventures ni pour la Serbie, ni même pour la Russie ».
Photo : En dernière page dans la chronique « Dernière heure », ensuite d’une dépêche du 30. On indique que l’armée russe a mobilisé, mais qu’il ne faut pas exagérer l’importance de ce fait.
Photo : Le Courrier de l’Ain du 1er juillet, bien sûr imprimé la veille, veut encore croire à la paix : « Il faut bien le noter que nous ne trouvons pas encore en présence d’une mobilisation. Aucun des officiers de réserve ou des réservistes qui doivent compléter les régiments actifs n’a été appelé. Nous sommes en face de mesures de précaution, non de mobilisation ».
Photo : En dernière heure, on peut noter cette phrase : « nous ne croyons pas que la guerre est inévitable ».
Mais c’est fini. L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie qui soutient les Serbes attaqués par les Autrichiens. La France, alliée de la Russie se retrouve dans le conflit. Et comme un signe définitif, on apprend l’assassinat de Jaurès.
Photo de l’affiche : La mobilisation est décrétée : le premier jour de la mobilisation est portée au dimanche 2 août.
Photo : Le 3 août les dès sont jetés. L’heure de discuter est passée, dit le chroniqueur. C’est l’union sacrée dans la guerre.
Le départ
Selon l’Historique du 133, dont vous voyez l’original, le premier échelon du 133e RI a déjà quitté Belley le 1er août, alors que la guerre n’est pas déclarée. Le 2e bataillon part à 13 h 21, le 3e bataillon et l’état-major du régiment à 17 h 21. Les trois compagnies du 1er bataillon stationnées à Belley et à Pierre-Châtel à 21 h 20. Les pelotons positionnés aux forts de l’Ecluse et des Rousses les rejoignent en cours de route. Ces troupes ont pris le train à la gare de Belley, acclamées par la foule. (photo de l’affiche de police : nous n’avons pas de photo de ce départ à la gare car cela était interdit par les articles 14 et 15 des mesures de police consécutives à l’état de siège, promulguées en 1913. (photo) : Voici le genre de train utilisé par le 133, ici en 1911 quand le 133 est allé faire la police en Champagne. Le régiment va être posté à 10 km de la frontière, car le ministre de la Guerre, Messimy, qui je le rappelle était un homme politique du département de l’Ain, avait dans un communiqué du 31 juillet à 17 h 40 lancé l’ordre de la mise en place des troupes de couverture, avec cette réserve que nul élément, même isolé, ne devait s’approcher à moins de 10 km de la frontière allemande.
(voir carte) : Le régiment arrive le 2 dans la vallée de Haute Moselle. Débarqué à Lure, il prend un train départemental pour Le Thillot, à l’exception des voitures et des chevaux qui prennent la route. Le 1er bataillon s’installe à Ramonchamp, puis à Saint-Maurice, le deuxième au Thillot, et le 3e au Mesnil. A sa gauche se trouvait le 23e RI de Bourg, installé à Saulxure. Photo : Les deux régiments de l’Ain, 23 et 133, formaient la 82e brigade, qui formait avec la 81e brigade, composée des 5e et 15e bataillon de chasseurs à pied et le 152e RI, la 41e division.
Le 4 août, part de Belley le 2e échelon du 133, composé en partie de réservistes. Il débarque à Remiremont et rejoint le régiment, qui se trouvait ainsi au complet.
Joffre pour des raisons psychologiques et politiques, voulait reconquérir l’Alsace, perdue en 1870. La guerre avait été déclarée officiellement par l’ambassadeur d’Allemagne à Paris le 3 août. (photo) : Dans la nuit du 6 au 7, arriva à la 41e division l’ordre d’avancer et de franchir le tunnel de Bussang, au col du même nom. (photo) : Le poteau frontière situé à la sortie du tunnel depuis 1870, est arraché à 4 heures du matin par les chasseurs du 15e BCP qui avaient ouvert la marche. Ce qui me fait dire que la photo est une reconstitution. (photo des Vosges) : Les troupes descendent la vallée de la Thur avec des combats à Wesserling et à Saint-Amarin. Là, le 133 remplace les chasseurs à l’avant-garde, gagna Thann, puis Cernay, Steinbach et Uffholz, où il arriva le 8 août. Les troupes françaises entrèrent dans Mulhouse.
Les 9 août et 10 août, contre attaque allemande : le 133 est engagé dans la bataille dite de Cernay, où les pertes furent considérables, pour un baptême du feu. Le premier officier tué le 9 août est le lieutenant Paul May (photo), tué d’une balle alors, dit-on, que « dressant sa haute silhouette au-dessus des ceps, il examinait le terrain à la jumelle ». Bien connu à Belley, il avait épousé Paule Perret, fille de l’entrepreneur Marc Perret (1858-1938), qui sera maire de Belley de 1918 à 1925. C’est le père de Jacques May, qui a été président de la Société savante Le Bugey. Furent tués dans un combat au corps à corps le lieutenant Henri Goujon (photo), le lieutenant Barthélémy Glenat blessé et prisonnier mais mort de ses blessures le 15 février 1915, le lieutenant Henri Bonnefoy (photo), le caporal Louis Bailly d’Hotonnes, Francisque Chenel de Parves et combien d’autres cités dans les livres d’or et sur les monuments aux morts. Il y eut ces deux jours, au seul 133, 80 tués, 250 blessés et 170 prisonniers ou disparus, soit au total 400 soldats mis hors de combat, soit près d’une personne sur 7. Lorsque Belley apprit cette première hécatombe, elle fut consternée, d’autant que l’on connaissait d’autres victimes parmi le 23e RI de Bourg, soit des amis, soit des parents, soit des anciens du 133, comme le capitaine Lorenchet de Montjamont (photo), qui avait été muté au 23e RI lors de sa dernière promotion.
Le 15 septembre est créé l’armée d’Alsace commandé par le général Pau. Le 133 se retrouve à Mulhouse ou dans sa périphérie le 19. Le 23, il reçoit un renfort de 10 officiers et de 572 sous-officiers et soldats pour combler les vides.
Mais c’est terminé pour l’armée d’Alsace qui est dissoute, car les Allemands ont envahi la Belgique et le Nord de la France. Lunéville est pris, ainsi que Saint-Dié dans les Vosges. La 41e division, dont fait partie le 133, est dirigée vers Saint-Dié pour arrêter l’avance ennemie. Il passe le col de la Schlucht.
A partir du 30 août, et pendant 10 jours, photo des Journaux 2: le régiment est engagé aux cols de Mandray et des Journaux, et à la Tête de Béhouille, et à Saulcy, jusqu’au recul des Allemands. Dans cette affaire, où il se montra héroïque, le régiment perd 37 officiers et 1100 hommes mis hors de combat. Le 23e RI et les bataillons de chasseurs son également décimés. Est tué notamment le sergent au 133, François Perret (photo), fils de Marc Perret, cité plus haut. Le futur maire de Belley aura perdu en un mois son fils et son gendre. Un vitrail dans le déambulatoire nord de la cathédrale évoque ces deux morts, œuvre du maître verrier Albert Gerrer posée en 1931. Avec tous ces décès, je vous laisse imaginer l’ambiance dans les foyers de Belley et du Bugey. Et ce n’est pas terminé…
Je vais m’arrêter ici en ce qui concerne le 133, comme je ne dois traiter que du premier mois du conflit. C’est pour le régiment, comme pour les autres, la fin de la guerre de mouvement, pour rentrer dans la guerre de position, dite guerre des tranchées. Le 133 va s’illustrer dans les Vosges (photo à Saint-Dié, probablement fin 1915 car les soldats ont un casque). Il se distingue notamment à La Fontenelle (photo de la Fontenelle actuelle) sur la commune de Ban-de-Sapt. Beaucoup y perdront des leurs, notamment (photo du Vachat) : en 1915 le capitaine Joseph du Vachat et colonel Dayet de façon dramatique (photo à St Jean d’Ormont dans la rue qui porte maintenant son nom, photo de l’emplacement où il a été tué, c’est sinistre, il y a maintenant une stèle et les arbres ont repoussé, photo : de ses funérailles à St Jean d’Ormont, photo 2 actuelle de sa tombe, photo tombe scandaleusement non entretenue, tout le monde se renvoie la balle).
Le régiment combattra à Metzéral (photo à Saint-Michel sur Meurthe, c’est le départ vers Metzéral par camions), à La Chapelotte, dans la Somme, l’Argonne, dans le secteur de Loivre-Brimont. Exténué, mutilé, il se mutinera en 1917. Photo fusillés 9 condamnations à mort seront prononcées par le conseil de guerre de la 41e division d’infanterie, 7 semble-t-il ont été exécutés ; Aimé Aubry, Louis Billoir, Faucher, Georges Raoul, Fraisse, Antoine Joseph Hartmann, Mehu et Terrier Ernest Joseph. mais il n’y aura pas de bugistes parmi les fusillés. Beaucoup ont éé tués et blessés et le régiment a été complété avec des extérieurs. Ces fiches ne se trouvent pas dans la liste des morts pour la France. Photo : celui-ci, Hartmann, est lyonnais. Il a été fusillé comme d’autres au lieu-dit Les Gilsons, commune de l’Epine, dans la Marne. Puis, ce sera Verdun, l’Ourcq, la grande poursuite de 1918, la Belgique et le glorieux retour à Belley le 24 août 1919.
Photo place des Terreaux : Venons-en maintenant au régiment de réserve, le 333. Il se mobilise début août 1914, mais de façon un peu difficile, car les casernes sont trop petites pour loger tous les réservistes, qui sont hébergés dans des écoles, des granges et même chez les habitants. Nous avons une photo de la population de Belley, que Marcelin date du 5 août. Je crois plutôt qu’il s’agit du 6 août, car les deux bataillons de ce régiment quittent Belley à cette date. Ils partent à pied, à Chambéry qu’ils atteignent le 8. Ils forment la 147e brigade de la 74e division avec le 223 régiment d’infanterie, qui est le régiment de réserve du 23 RI de Bourg, et le 230 RI, régiment de réserve du 30 RI, d’Annecy.
Pourquoi sont-ils cantonnés à Chambéry ? Tout simplement parce que l’on était pas encore certain du comportement de l’Italie. Ce pays faisait partie de la Triple Alliance formée avec L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Mais, il se déclare neutre sous l’influence conjointe du Saint-Siège, qui ne veut pas de guerre avec l’Autriche, autre pays catholique, et de Mussolini, alors membre de la gauche italienne, dont il sera exclu au mois de novembre. Mussolini changera d’avis plus tard et deviendra interventionniste. L’Italie rejoindra la Triple Entente avec le pacte de Londres en avril 1915.
Comme on est assuré du comportement de l’Italie, la 74e division n’est plus utile dans les Alpes. Elle est mise à la disposition du général Castelnau, qui commande la 2e armée en Lorraine. Le 333 embarque à Aix-les-Bains le 20 août, rejoint Essegney, sur la rive droite de la Moselle. Le 24 août, il passe la Moselle et le 26, il est engagé près de Gerbéviller. Là, les deux bataillons ont 500 blessés et une centaine de tués. Cette hémorragie durera puisque le 333 passera deux fois à Verdun, se rendra en Alsace, en Champagne, en Argonne et dans les Vosges.
(photo : Quant au 56e Territorial, composé d’hommes de 34 ans et plus, il quitte Belley les 6 et 7 août, par le chemin de fer. Cette photo d’éléments de la 6e compagnie du 2e bataillon du 56 RIT a été prise le 6, près de la gare. Ils vont embarquer à 17 h 41 dans l’après-midi, au chant de la Marseillaise et du Chant du départ. Y figurent le sergent Figuet et, accessoirement, mon grand-père. Les soldats sont en bleu horizon. Ils n’ont pas de casque. Le casque mis au point par Louis Adrian ne sera livré que fin 1915. Photo : sur ce cliché, se trouve le tambour. Autre photo : ils ne sont pas jeunes. Il est vrai que la moustache les vieillit. Le train, avec une moyenne de 30 km heure, va s’arrêter à Virieu-le-Grand, puis à Bourg vers 21 h 30. Il redémarre une heure plus tard, passe par Saint-Amour, Dole, Besançon et arrive le lendemain matin à 8h à Belfort. Les trois bataillons sont emmenés dans cette place forte pour participer à sa défense. Dès le mois d’octobre, le régiment se retrouve en première ligne, restera en Alsace jusqu’en septembre 1917 et se rendra dans les Vosges. Il sera dissous le 19 mars 1917, comme, progressivement, les autres régiments territoriaux, faute de trouver des officiers d’encadrement jeunes. Le 56 RIT a eu de nombreuses pertes, des tués, des disparus et des blessés, mais sans commune mesure avec celles du 133 ou du 333.
Des Bugistes se trouveront incorporés dans d’autres unités que les trois régiments de Belley, soit parce qu’il sont nés ailleurs, soit pour des raisons de compétence (cavalerie, transmissions, artillerie, aviation), soit parce que, sortant d’une grande école en bonne place, ils ont pu choisir leur arme, soit tout simplement en raison de leur grade. (photo Bonnefoy) Je pense ainsi au pilote de chasse, Robert de Bonnefoy, ou (photo Vidart) à Vidart, de Divonnes, (photo Quais) au général Georges Quais, ancien officier du 133, retraité comme lieutenant-colonel par limite d’âge en 1912, mobilisé en 1914, promu général, qui va servir en Alsace, en Macédoine et en Serbie. Je pense au général de brigade Ecochard. De même, le lieutenant-colonel François Dufour, de Conzieu, tué à la tête d’un régiment marocain en Champagne en 1915.
Les ecclésiastiques sont aussi mobilisés. Certains sont officiers, quelques-uns sont aumôniers, la plupart sont infirmiers. Citons Victor Roux, ancien professeur à Lamartine, curé de Lompnaz, blessé et fait prisonnier en 1916 et mort deux mois plus tard à Heideberg. L’abbé Bonnefoux, brancardier au 133, tué à Verdun le 14 septembre 1916. L’abbé Carlet, professeur à Lamartine depuis 1911, tué comme lieutenant le 25 juin 1915. L’abbé Joseph Chevrier, curé de Loyettes, tué le 6 septembre 1917. L’abbé Paul Cochaud, de Tenay, gazé à Tahure le 29 septembre 1918, à quelques semaines de l’armistice. L’abbé Lucien Guerry tué au Bois d’Ailly le 10 avril 1915. L’abbé Edouard Reynaud, de Chavornay, blessé, puis tué devant Souchez le 3 octobre 1915. L’abbé Noël Rouby, , infirmier au 23 RI, tué à la prise du fort de Brimont le 16 avril 1917. D’autres sont revenus : comme Louis Maissiat, curé de Montluel, brancardier aumônier au 11e cuirassiers à pied, qui deviendra curé de Belley, l’abbé Henri d’Orgeval-Dubouchet, de Vongnes, avec six citations, revenu vivant avec ses frères Ludovic et Maurice. L’abbé Michel Pelletier, professeur de mathématiques à Lamartine, brancardier au 403e RI. L’abbé Francisque Raynaud, de Bénonces, curé à Mollon, lieutenant au 133, revenu défiguré à la suite d’un bombardement qui lui a fracassé la mâchoire. L’abbé Pierre Vuillermet et d’autres. (vous voyez ici le chanoine Charassel, secrétaire général de l’évêché, aumônier volontaire au 28e bataillon de chasseurs, qui a chanté le minuit chrétien dans les tranchées le jour de Noël. Les Allemands, dans la tranchée adverse, chantaient avec lui. Photo : C’est lui que vous voyez au centre de cette photo en 1928 car il dirigeait la chorale de Belley.
(Photo Cottin) : Vous avez ici deux photos de Paul Cottin, la première à la belle époque quand il a été élu député de l’Ain en 1871. C’était un descendant des Bonnet de Jujurieux, les soieries Bonnet, il habitait le château de Beauregard. En 1914, il a 78 ans, il s’engage dans un régiment de dragons et remet l’uniforme qu’il avait fort bien porté en 1870. C’est la seconde photo. L’armée l’exhibe volontiers à la caserne pour montrer l’élan patriotique des Français. On va le faire renter chez lui 15 jours plus tard, probablement grippé et courbatu.
Il faut dire un mot du comportement des Belleysans en ces mois d’août et de septembre.
Bien sûr, ils ovationnent les hommes qui partent au front. Mais ce qui est impressionnant, c’est le nombre de formations sanitaires et d’œuvres de guerre qui ont pu être installées en août et septembre : hôpitaux réglementaires, hôpitaux bénévoles, ambulances privées essaiment dans tout le Bugey. Ils sont installés à Belley, au collège Lamartine (106 lits), à l’évêché (125 lits), à la caserne Dallemagne pour les convalescents, à Ambérieu, à Gex, à Tenay et à Saint-Rambert dans des locaux de la Schappe, au château de Lamorflan à Artemare, au château de Machuraz... Des cantines apparaissent dans tous les gares : ainsi les troupes parties de Belley début août passaient obligatoirement par Virieu-le-Grand. Ils se voyaient ravitailler en gare par une cantine montée par des bénévoles. Ce qui est intéressant, c’est de noter les noms des créateurs de ces institutions, ce qui montre bien que tous les civils étaient mobilisés d’une certaine façon. Pour Virieu, on cite les noms de Buscal, Callet, Lourdel, Montfalcon, Juron, des noms bien connus des spécialistes de l’histoire locale. Photo Lamartine : sur cette photo prise au collège Lamartine en septembre 1914, se trouvent les infirmières bénévoles attachées à l’annexe de l’hôpital qui y est créé. Leur mari, leurs frères, leurs enfants sont tous mobilisés et elles entendent participer à leur façon à la guerre. Les femmes ont été tout-à-fait remarquables. Photo : je voudrais montrer comment toutes les familles étaient touchées. Si on consulte les listes des volontaires, ici à l’hôpital auxiliaire de Belley et pour un simple ouvroir pour recueillir du linge, on retrouve tout le Belley de cette époque, mais surtout si on regarde le sort des hommes de leur famille, on est terrifié. Presque chaque famille va être endeuillée.
Le premier nom sur cette liste est celui de Mme Dunand : Camille Jean-Baptiste Dunand, de Belley, était au 23 de Bourg. Il a été tué à La Planchette le 31 août, à côté du col des Journaux. Déléant ne me dit rien.
Mme Ganeval : (Photo du général 2) famille du général Ganeval, déjà cité lorsque, colonel, il commandait le 133. Il sera tué aux Dardanelles le 7 juin 1915, à 50 mètres des lignes turques. Son fils le lieutenant Albert Ganeval, blessé à la Marne en septembre 1914, sera à nouveau blessé aux Dardanelles. Son deuxième fils Jean-Émile, saint-cyrien en 1914, blessé également près d’Arras en 1915, terminera la guerre comme capitaine avec sept citations.
H. Brillat-Savarin : je pense qu’il s’agit de la famille du commandant François Joseph Hector Brillat-Savarin, blessé et fait prisonnier le 10 août 1914, alors qu’il était lieutenant. Il ne sera libéré que le 28 novembre 1918, au bout de 4 ans et 3 mois.
Hilpert : photo : un Georges Hilpert figure sur le monument aux morts de Belley. Capitaine au 25e bataillon de chasseurs, il a été tué dans la Meuse le 9 septembre 1914.
Quais, de la famille du général, déjà cité. Son fils André, passé au 133, sera tué au Maroc le 13 mai 1917. Il était capitaine. Photo : Un autre de ses fils, René Quais, sergent au 133, blessé à la Tête de Béhouille le 30 août 1914, terminera la guerre comme lieutenant. Il deviendra directeur à la préfecture de Paris et adjoint au maire du 6e arrt.
Clayeux : il s’agit de la famille de l’épouse de Louis Georgette du Buisson de La Boulaye, officier de l’armée de terre.
Perret : Nous avons évoqué la mort de François Perret et de son beau-frère, Paul May.
Pic : Marie Pic, fille de René Pic, par ailleurs deuxième président de notre société savante Le Bugey, est décédé en janvier 1927. Elle était fiancée depuis le 18 mai 1914 à Ernest Richard, lieutenant au 133. Promu capitaine, Richard sera tué dans la tranchée de Calonne le 20 juin 1915. On ne retrouva pas son corps. Le mariage n’aura pas lieu.
Chaboux : Louis Chaboux, fils du docteur Francisque Chaboux, qui dirige l’hôpital de Lamartine, vient de terminer sont service militaire, il repart pour cinq ans au 133. S’il revient indemne physiquement, il n’arrivera pas à se réadapter à la vie civile. Son cousin, le chirurgien Gaston Chaboux reviendra indemne également.
Saint-Pierre : (photo) j’ai évoqué dans un livre les 6 frères Saint-Pierre mobilisés pendant cette guerre. Ils ont eu de la chance.
Ponson : Louis Jean Ponson, né à Virieu-le-Grand, s’en sortira, car frappé d’une mauvaise acuité visuelle. Mécanicien, il va rester dans les services auxiliaires. Charles Ponson, de Lhuis servira aussi dans les services auxiliaires en raison d’une pleurésie. Un Auguste Marcel Ponson de Culoz a été affecté aux chemins de fer en raison de son état de santé.
Photo : Guinard : Léon Eugène Guinard du recrutement de Belley, né à Montréal près de Nantua, sera tué dans le Pas-de-Calais le 24 septembre 1915. Il était au 159e RI.
La Boulaye : Louis Georgette du Buisson de La Boulaye, saint-cyrien, lieutenant de réserve au 333, est affecté au 172e RI comme capitaine en août 1914 et termine la guerre comme commandant avec 8 citations.
Photo : Giroux. Il s’agit de l’épouse de Me Giroux notaire et maire délégué de Belley de 1917 à 1919, en remplacement de Paul Tendret, qui va présider la BRA. Sa famille est de Saône-et-Loire. C’est lui qui présidera au retour du 133 le 24 août 1919. Mme Giroux, infirmière bénévole à Lamartine, est lyonnaise, née Dolbeau. Son frère, Louis Lucien Dolbeau, capitaine au 333, est mort à l’hôpital des suite de ses blessures de guerre le 6 novembre 1918.
Photo : reprenons la liste.
Eyraud : le docteur Jules Eyraud, médecin à Belley, deviendra chef du groupe chirurgical de la 63e division d’infanterie.
Piébourg : (photo à Thann C’est l’épouse du lieutenant Piébourg, que vous voyez ici à Thann le 8 août 1914 avec la section de mitrailleuses du 3e bataillon du 133, 2e rang, 3e à partir de la droite. Il va être promu capitaine. (photo Baudrand et Piébourg : il est ici au deuxième rang derrière le Lt Cl Baudrand dans les Vosges le 28 août 1915, suivi de leurs ordonnances, l’un à cheval, l’autre en vélo. Devenu chef de bataillon, il sera tué près de Compiègne le 18 août 1918. (Photo Lamartine Piébourg) Mme Piébourg est l’une des infirmières de Lamartine. Elle est à gauche sur la photo.
Photo : Richard : Elle peut être la mère de Pierre Richard, qui terminait son service militaire commencé en 1912, en sortant d’une école de commerce, lorsqu’il a été incorporé. Il a été tué en Belgique le 2 novembre 1914. Mme Richard peut aussi être Marie Gayet épouse du général Fleury Richard, dont le fils Ernest, que nous avons déjà cité, a été tué en 1915.
Photo : Molliard : Joseph Alphonse Molliard, né à Belley mort de dysenterie à Compiègne en 1916.
Photo : Révil : Justin Révil, affecté au 372 RI, est mort le 18 juin 1918 à l’hôpital de Salonique d’une maladie contractée en service, ce qui est le cas de beaucoup de soldats de l’armée d’Orient.
Trippe : Mme Trippe, née Guillet, dont le mari Anthelme Marie avait été sous-lieutenant au 133.
Photo : Tranchand : il y a plusieurs Tranchand mobilisés : il doit s’agir de la famille, qui tenait un commerce de tissus, rue Saint-Martin. Jean-Baptiste Tranchand était cavalier au 2e dragon. Il va s’en sortir.
Photo : reprenons notre liste.
Brunet et Castin, il y a trop de nom de cette famille pour les situer. Je saute les médecins-chefs.
Maret : il s’agit de Stéphane Maret, avocat à Belley, beau-frère de René Pic, déjà cité. Il va décédé en 1915, à l’âge de 69 ans.
De Seyssel : il s’agit probablement de Marc de Seyssel-Cressieu. A été tué, encore à l’assaut de La Planchette, le 31 août 1914, Arthaud de Seyssel-Sothonod, de Songieu. Il était au 23 RI de Bourg. Ses deux frères Edouard et André reviendront indemnes.
Photo à scanner Chez les Dallemagne, a été tué Paul Dallemagne, capitaine au 134 RI, à l’attaque du pont de Magnières, le 31 août 1914. C’est le fils du peintre Léon Dallemagne. C’était un cousin germain d’André Dallemagne, maire de Belley et auteur de l’Histoire de Belley.
Monseigneur Jean-Louis Hippolyte Sanvert, né à Trévoux le 4 novembre 1848, archidiacre, vicaire général de 1914 à 1922, est secrétaire particulier de l’évêque Adolphe Manier. Il était prélat depuis le 22 juin 1913.
(photo à scanner) Jubert : le capitaine René Jubert commandait la 7e compagnie du 2e bataillon du 133 RI en 1914. Il va passer au 15e RI et va mourir de ses blessures à Suippes le 26 mars 1915.
Photo : Revoyons la liste : Laroche : je ne sais pas. Il y a des Laroche à Ceyzérieu et à Saint-Rambert.
(photo à scanner) Boissieu : la famille de Boissieu est venue en force. Antoine de Boissieu, saint-cyrien, fils du botaniste Henri de Boissieu, a été tué à Béthancourt-en-Vaux le 25 octobre 1918, à 16 jours de l’armistice. Son petit cousin, Joseph Marie a été tué en 1915.
Girod : difficile à définir : il y a eu quatre Girod tués au 133.
Photo Pochet : Louis Pochet, caporal au 133, a été tué au col des Journaux le 30 août ou le 10 septembre 1914. Mais, il y a tellement de Pochet.
Au-delà des images d’Epinal, vous avez compris les horreurs de cette époque.
Photo : voici l’encadrement des deux premiers bataillons du 133 en août 1914. Pour compléter notre propos, il est intéressant de connaître le destin de ces officiers : Photo : le colonel François Hippolyte Dutreuil sera dans l’obligation d’abandonner le commandement du régiment le 4 septembre 1914, car blessé grièvement au col des Journaux de deux éclats d’obus. Evacué sur Gérardmer, il survivra et décédera à Neuilly en 1926. Son successeur, le colonel Dayet, nous l’avons vu, a été tué à La Fontenelle en 1915. Photo liste Le lieutenant Paul Cyrille Combe, blessé le 2 septembre 1914 au col des Journaux, nommé capitaine, blessé à nouveau le 30 juillet 1916 dans la Somme, nommé chef de bataillon, déclaré disparu le 10 juin 1916, est en fait prisonnier en Allemagne à Rastade, jusqu’à l’armistice. Il est mort à Conliège dans le Jura en 1957. Le lieutenant Louis Munsch est mort à l’hôpital de Saint-Dié le 26 septembre 1914. Piébourg, nous avons vu qu’il avait été tué. Le lieutenant chargé des détails, Léon Guillemin, promu capitaine, deviendra chef de bataillon au 4e groupe d’ouvriers d’aéronautique et mourra près de Bordeaux en 1944. Je n’ai pas retrouvé le lieutenant Laplanche, officier d’approvisionnements, ni le lieutenant de réserve Florel. Le médecin militaire Le Landais est probablement Victor Gustave Le Landais, père de Jean Victor Le Landais, enseigne de vaisseau, disparu avec le sous-marin, le Narval, le 15 décembre 1940. Le commandant Falconnet est peut-être le chef de bataillon Joseph Pétrus Falconnet, tué au 60e RI à Samogneux dans la Meuse le 24 février 1916. Le capitaine saint-cyrien Charles Elysée Barberot, le grand organisateur de la défense de La Fontenelle, prendra en 1915 le commandement du 5e BCP et sera tué au Lingekopf le 4 août de la même année. Le capitaine Louis Fillon est mort le 10 septembre 1914 au col des Journaux. Le capitaine Ferdinand Audé a été tué à Fraize le 1er septembre 1914. Le capitaine Jean-Louis Tusseau terminera comme chef de bataillon commandant le bureau de recrutement de Bourg et mourra en 1950. Le lieutenant Jean Marie-Meurant a été tué le 6 septembre 1914 au col des Journaux. Le sous-lieutenant Raymond Dircksen a été tué le 8 septembre au col des Journaux. Le capitaine Maxime Cornier a été tué le 15 juin 1915 à la cote 830. Le sous-lieutenant Etienne Cuillerier a été tué le 3 septembre au col des Journaux. Pour le 2e bataillon, le commandant Joseph Marie Aimé Baudrand se couvrira de gloire à La Fontenelle, commandera le 133 et décédera en 1954. Le capitaine Pierre Lafond a été tué à Saulcy le 1er septembre 1914. Le sous-lieutenant de réserve Eugène Armand est mort le 19 septembre 1914 à l’hôpital de Grenoble. Le capitaine Jules Destronchez, blessé à Cernay en septembre 1914, terminera sa carrière comme lieutenant-colonel commandant le bureau de recrutement de Nantes. Il est mort en novembre 1970. Nous avons vu que lieutenant May a été tué, ainsi que le capitaine Jubert. Le capitaine Emile Martignon, terminera sa carrière avec le grade de colonel. Il est mort en 1974. Le lieutenant Ernest Charry, promu capitaine, a été tué le 8 juillet 1915 à Ban-de-Sapt. Nous avons vu que le lieutenant Henri Goujon avait été tué près de Cernay.
Photo : voici pour terminer, l’original de l’état numérique des hommes de troupe du 133 tués ou disparus au cours de la guerre : 3149 tués et 454 disparus, soit au total 3693 morts. Photo : Voici pour les officiers du 133 : 129 officiers en tout. Soit plus que les effectifs normaux du régiment. Ne sont pas comptabilisées les personnes décédées après 1919 de leurs blessures. Quant on sait aussi qu’il y a plusieurs blessés, invalides ou traumatisés pour un mort, faites le compte. Cette guerre a été une fabrique de veuves de guerre et d’orphelins !
Puisse faire que notre société ne revoie plus jamais cela, mais cela a déjà été dit avant la deuxième guerre mondiale, ce qui n’est pas tout à fait rassurant. Mais espérons quand même.
Merci de m’avoir écouté.