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Association des Officiers de Réserve du département de l'Ain

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JNR 2015 A LA FACULTE DE MEDECINE DE LYON

HABILLEMENT
HABILLEMENT
  1. JNR 2015 : Exercice en conditions réelles autour du risque Ebola pour les étudiants en santé de Lyon 1 et les militaires du RMED

MP(R) Pina-Jomir G., PP(R) Massoubre B., PC(R) Dalègre M., PA(R) Faure M.-A.

RESUME

La prise en charge de patients suspects ou atteints du virus EBOLA nécessite la mise en œuvre de protocoles spécifiques et un entraînement régulier. Les étudiants des facultés de médecine Lyon Est, Lyon Sud et de maïeutique ont réalisé, dans le cadre de l’enseignement optionnel de défense et de sécurité «Evolution de la santé, évolution des risques, un exercice de prise en charge d'un patient atteint du virus EBOLA, rapatrié au CHU de Lyon.

A l’occasion de la Journée nationale du réserviste (JNR) 2015 dont le thème était: «Réservistes: les compétences les plus diverses de la Nation pour son armée», des étudiants en santé de Lyon ont participé, aux côtés des militaires d'active et de réserve du Régiment Médical (RMED) de La Valbonne et du Service de Santé des Armées, à un exercice testant les protocoles d’intervention en cas de rapatriement sanitaire d’un patient atteint du virus Ebola, à l’Université Claude Bernard Lyon 1, le jeudi 2 avril 2015.

Cet exercice faisait partie intégrante de la formation des étudiants en médecine, dans le cadre d’une Unité d’ Enseignement libre de défense et de sécurité: «Evolution de la santé, évolution des risques».

En marge de l'exercice se tenaient plusieurs stands:

  • Stand de la DRSSA pour présenter la réserve opérationnelle aux étudiants de santé,
  • Stand de présentation NRBC, montrant les différents types de tenues du SSA adaptées aux risques NRBCe, des appareils de détection portatifs chimique et radiologique (MIP 10 et sondes spécifiques alpha, béta gamma, X gamma, sonde de simulation, AP2C), les seringues bi-compartimentées et leur utilisation en cas d'intoxication par un neurotoxique organo-phosphoré, le gant poudreur pour la décontamination sèche et enfin de nouvelles tenues filtrantes et lingettes de décontamination RSDL® (Reactive Skin Decontamination Lotion),
  • Stand de présentation des différentes tenues de protection pour le personnel hospitalier, adaptées au niveau de risque d'atteinte par le virus Ebola d’un patient admis aux Urgences en France.

L’objectif : apprendre à pratiquer la médecine d’urgence en équipe civilo-militaire

L’enjeu était de mettre les étudiants, futurs médecins, en situation de travail dans des conditions dégradées et hostiles type crise sanitaire Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique (NRBC), de les amener à travailler en équipe mixte et de bénéficier de l'expérience technique et pratique de militaires experts dans le domaine.

Des ateliers dynamiques et visuels

L’exercice est présenté sous forme de quatre ateliers dynamiques:

  • habillage en tenue de protection du personnel qui prendra en charge le patient,
  • transport en isolement du patient dans une housse spécifique,
  • soins au lit du patient,
  • déshabillage du personnel.

L'habillage doit être réalisé en suivant un protocole rigoureux, en tenue de protection de type 3B : combinaison Tychem ®, adaptée au risque Ebola, avec port d’un heaume de protection pour l’extrémité céphalique, protection respiratoire par masque FFP2, protection oculaire par masque oculaire, triple paires de gants et surbottes. Le principe est de protéger la totalité de la surface cutanéo-muqueuse pour éviter le risque de contamination secondaire, notamment par projection de liquide biologique lors de la manipulation ou des soins au patient (Figure 1). Cet habillage se réalise en binôme, ou avec l'aide d'un assistant, et sous contrôle visuel permanent grâce à des miroirs.

Le transport d'un patient en isolement par l'utilisation d'une housse dépressurisée permet d'éviter la contamination des personnels comme des vecteurs de transport, tout en conservant la possibilité de prodiguer des soins au patient. Ce maintien en dépressurisation (« pression négative ») permet de limiter le risque de rejet dans l’atmosphère en cas d'ouverture accidentelle de la housse (Figure 2).

L’atelier « soins au lit du patient » - pose d'une perfusion, réalisation de prélèvements biologiques- permet d'appréhender les difficultés de réalisation d'actes techniques simples en tenue de protection (Figure 3).

Le déshabillage des personnels est une étape cruciale, où le risque de contamination est particulièrement important et qui nécessite d'observer un protocole rigoureux en conservant jusqu'au bout une concentration importante, malgré la fatigue et - le cas échéant- la chaleur. Il se réalise en binôme ou avec l'aide d'un assistant, et sous contrôle visuel permanent grâce à un miroir.

L’absence de stress, lié à l’absence de risque de contamination, était compensée par un stress médiatique –avec la présence de plusieurs médias-, la présence de public – nombreuses personnalités civiles et militaires, experts dans le domaine pour certains-, et le caractère de sanction de l’exercice qui était l’examen de validation de l’enseignement.

Les étudiants travaillaient en binôme avec des personnels du Régiment médical de la Valbonne, dont certains ont été déployés au sein de l’établissement du Centre de Traitement des Soignants (CTS) de Conakry en République de Guinée. Le rôle de ce centre est de prendre en charge les soignants qui se sont engagés dans la lutte contre le virus Ebola, en cas de contamination suspecte ou avérée par ce virus.

Les parties prenantes: coopération entre soignants civils, réservistes et militaires

Cet exercice faisait intervenir des militaires (d’active ou de réserve) du Régiment Médical, du Centre de formation Opérationnelle Santé (CEFOS) de La Valbonne, de l’Hôpital d’Instruction des Armées Desgenettes (HIAD), de la DRSSA et des étudiants et personnels des Hospices Civils de Lyon.

Les exercices: des protocoles testés, des objectifs précisés

Les exercices permettent de mettre en exergue l’importance de disposer de personnels en nombre suffisant, équipés, formés et régulièrement entraînés avec des procédures dûment validées et évaluées. Les protocoles appliqués lors de l'exercice sont ceux actuellement en vigueur au Centre de Traitement des Soignants (CTS) de Conakry. A vocation opérationnelle, ils sont également utilisés pour l'enseignement et l’entraînement à la prise en charge de patients atteints de maladie infectieuse contagieuse grave. Les exercices ont pour objectif l’évaluation des connaissances acquises lors des séances de formation, l’amélioration des procédures et leur adaptation grâce au retour d’expérience.

La coopération civilo-militaire au centre du dispositif

Evalué par plusieurs observateurs, experts militaires et civils, et sous l’œil de nombreux spectateurs, l’exercice a permis d’apprécier l’implication forte des personnels du Régiment Médical et des étudiants de l'UFR Médecine, et la cohésion rapide de cette équipe mixte qui travaillait de concert pour la première fois. Si les entrainements, prévus dans les plans de formation internes, sont indispensables au maintien d’un bon niveau opérationnel, la mise en place d’exercice mixte civilo-militaire favorise au niveau local l’échange de compétences spécifiques et le partage des responsabilités opérationnelles. Ceci participe également à la construction d’une connaissance et d’une confiance réciproque entre les différents services et institutions.

Pour les étudiants de médecine et de maïeutique de l’Université Lyon 1, ce fut l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances théoriques en matière de gestion de crise sanitaire NRBC, et de découvrir le Service de Santé des Armées. Ils ont particulièrement apprécié le côté réaliste de l’exercice et les échanges avec les intervenants militaires.

La journée s'est terminée par des conférences d'une grande qualité sur la prise en charge médicale autour du risque Ebola: son épidémiologie et son pouvoir pathogène par le Pr Lina, la prise en charge de cas suspects dans un CHU par le Pr Chidiac, le management des patients en République de Guinée au Centre de Traitement Ebola (CTE) de Macenta par le Dr Longuet et au Centre de Traitement des Soignants (CTS) de Conakry par le MC Dampierre, le point de vue de la sécurité civile par le Col Valette, et enfin la prise en charge des patients rapatriés de Guinée à l'HIA Bégin par le MC Rapp.

Réalisé dans le cadre de la Journée Nationale du Réserviste, cet exercice était placé sous l’égide du Général de Corps d'Armée Chavancy, Gouverneur Militaire de Lyon, du Pr. Gilly, Président de l'Université Lyon 1, du MGI Escarment de la DRSSA de Lyon, du Pr. Vinciguerra, Directrice de l'ISPB, du Pr. Etienne, Doyen de l'UFR Médecine Est, du MCSCN(R) Lehot, Référent Défense de l'Université Lyon 1 et président de la Collégiale des Référents Défense, du MC Boutin du Régiment Médical et du MC Rabatel du CEFOS.

Il était organisé par le MP® Géraldine Pina-Jomir, réserviste opérationnel de l’Hôpital d'Instruction des Armées Desgenettes (HIAD), responsable de l’UE «Evolution de la santé, évolution des risques» au sein de l’Université Lyon 1 et Déléguée à l'Enseignement Supérieur et à la Collégiale des Référents Défense de l'association régionale de l'IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale). Mis en action par le personnel du RMED avec l’aide de réservistes opérationnels de l'HIAD, il concrétise la convention signée le 10 avril 2014 entre les HCL et le Service de Santé des Armées pour faciliter l’accès à la réserve opérationnelle du personnel des HCL.

Crédit Photo: SIRPA Terre

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TRANSPORT

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JNR 2015 A LA FACULTE DE MEDECINE DE LYON

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola est considérée par l'OMS comme "une urgence de santé publique de portée mondiale".

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels ou avec du matériel souillé. Aucune transmission aérienne n'est avérée. Les malades asymptomatiques ne présentent pas de risque de contagion. L'ingestion de viande de brousse est également une des sources de contamination.

Le risque de transmission augmente lors de l'aggravation de la maladie et des symptômes. La contagiosité est donc variable selon l'état du patient et la nature du contact.

La maladie virus Ebola débute après 2 à 21 jours d'incubation (en moyenne 8 jours), par des signes cliniques peu spécifiques de type syndrome pseudo-grippal et une profonde asthénie. En 3-4 jours, apparaissent d'autres signes cliniques, en particulier cutanéo-muqueux et digestifs. Dans les formes sévères surviennent des signes neurologiques et hémorragiques. Dans les formes hémorragiques, le décès survient dans 80% des cas en moyenne 8 jours après l'apparition de la fièvre, sinon la guérison est sans séquelle.

En France, le professionnel de santé doit évoquer un cas suspect d'Ebola devant un patient qui a voyagé dans un pays à risque dans les 21 jours précédents et qui présente une hyperthermie supérieure à 38°C. Il convient alors d'isoler le patient en évitant tout contact physique avec lui, de lui faire porter un masque chirurgical si possible, de se protéger en utilisant le matériel disponible (hygiène des mains avec Solution Hydro Alcoolique, masque, surblouse, lunettes de protection). Puis, l'appel téléphonique au SAMU permettra le classement en cas possible ou cas exclu. Si le cas est possible, le patient est pris en charge par une équipe du SMUR et transporté vers un établissement de santé de référence habilité (ESRH) dans des conditions de sécurité maximales.

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